« J’ai passionnément aimé être utile au service des jeunes, pour les jeunes. »

Chef d’établissement coordonnateur depuis 2011, Isabelle Malbet termine aujourd’hui sa mission au sein de notre Institution pour rejoindre le lycée Sainte Geneviève à Versailles et ses prestigieuses classes préparatoires. Nous sommes revenus avec elle sur ces 10 années passées au lycée.

Avant de rejoindre notre Institution, vous avez été professeur d’Economie-gestion puis chef d’établissement dans la région du Puy de Dôme, pouvez-vous nous raconter comment et pourquoi avoir quitter vos terres natales pour prendre la direction de La Merci ?

Après avoir enseigné durant plus de 10 ans tout en étant en responsabilité dans un établissement avec de l’enseignement supérieur puis, à partir de septembre 2005, chef d’établissement à Billom en collège, je souhaitais retrouver un lycée et j’avais de l’appétence pour le postbac auquel je m’étais déjà frottée à Clermont-Ferrand.
J’ai postulé et j’ai été appelée à l’institution Notre-Dame de la Merci où j’ai été enthousiasmée par le projet, par l’établissement et par les équipes.

Qu’est-ce qui vous a marqué en premier en arrivant à Montpellier et à ND de la Merci ?

Les premières fois que je venais rencontrer Monsieur Frappa et l’équipe de direction, je devais quitter Clermont avant 5 heures le matin, pour éviter le trafic extrêmement dense à l’entrée de Juvignac et j’ai eu aussi de mal m’adapter à organisation de la circulation au sein de la ville de Montpellier, les sens interdits faisant place aux …sens interdits !.
Au lycée, j’ai été désagréablement surprise par les deux Algeco à l’entrée de la rue Emile Zola qui me paraissaient bien dénaturer le site. Aujourd’hui, ils ont laissé leur place au bâtiment H.

Vous avez exercé dans différents établissements, qu’est-ce qui selon vous caractérise notre lycée ? 

Ici tout foisonne d’énergie, de dynamisme, d’adaptation, d’innovations, de réalisations, d’envie, de cet accompagnement qui met le jeune au cœur du projet et au cœur de la dynamique.
En dépit de la taille, la rencontre humaine est ici possible. C’est un lieu d’échange entre jeunes, entre adultes, entre jeunes et adultes. C’est un lieu où la rencontre individuelle, celle que le Christ nous a apprise, est réellement véçue.

Dans vos missions, quelle partie de votre travail avez-vous préféré ?

Indéniablement j’ai aimé dénouer les nœuds. Tout mon quotidien a été fait d’accompagnement et de problématiques toutes individuelles et particulières, et j’ai aimé dénouer tous les nœuds pour lesquels j’étais sollicitée. J’avais trouvé là une belle utilité sociale.
Je crois qu’il n’y a rien que je puisse regretter en se retournant sur ces 10 années. Les bons comme les mauvais moments, les moments de joie, de bonheur comme les moments de chagrin et de doute.

Quelle est votre plus grande satisfaction en tant que chef d’établissement ?

Ma plus grande satisfaction est d’avoir, avec l’aide d’Anne Lapasset, directrice administrative et financière, et de Xavier Benharous, responsable technique, construit et rénové cet établissement pour en faire un lieu propice aux apprentissages, avec un cadre de vie permettant aux jeunes épanouissement et bien-être. Je remercie toute l’équipe de direction qui a fait en sorte d’aplanir les difficultés liées à la rénovation afin de poursuivre un accueil de qualité pour tous. 

On sait que les générations de lycéens changent de plus en plus vite. Avez-vous remarqué une évolution des jeunes en 10 ans ? Quels défis, selon vous, attend le monde de l’éducation dans les années à venir ?

Je pense que la société bouscule effectivement très rapidement notre manière d’être. Jeunes et adultes, nous sommes tous confrontés à cette rapidité de la communication, de l’information.
Il ne faut pas se perdre dans toute cette communication dans laquelle nous sommes parfois noyés. Et quand même temps, il nous faut faire preuve d’agilité face aux enjeux. Je crois que nos jeunes devront s’habituer à sortir de leur zone de confort, à discerner, à s’adapter et tout cela très vite …

Quels vœux formulez-vous pour les prochaines années de l’Institution NDLM ?

Je souhaite que cette institution, qui est née au XVIIe siècle de l’esprit d’un minime érudit et déterminé, le Père Nicolas Barré, puisse, en dépit de tous les bouleversements que nous rencontrons, continuer à éduquer. Je crois que l’éducation solide dans le respect des autres, à l’image de l’Évangile, fait la colonne vertébrale d’un jeune. Cette éducation peut l’aider à faire face à toutes les insécurités, à toutes les adaptations, parce qu’il pourra se référer toujours à ses valeurs et à ce qu’il aura appris d’adultes responsables loin de toute démagogie.

Je souhaite à Madame Depoues et à Monsieur Vicens, de former le même binôme que celui que nous avons vécu avec Nathalie Fournier Montgieux. Je leur souhaite de porter avec fierté et enthousiasme cette  si belle maison 
Vous savez, je suis de cette génération Paul Malartre* qui m’a donné foi à éduquer dans son sillage. J’ai tenté de faire mien : « Éduquer passion d’espérance ! ».

*Secrétaire général de l’Enseignement catholique de 1999 à 2007.